Comme vous le savez, les investigateurs de Scoubidoxy ont l’habitude d’enquêter sur des sujets à controverse du début du 21ème siècle pour constater l’évolution advenue de décision prises à cette époque par rapport à l’année 2139 (l’année d’où nous venons).

Ce vendredi 8 mars 2139, le Japon est officiellement déclaré disparu.

Le Big One, il y a 10 ans déjà.

C’était il y a 10 ans.

Les terres se sont mises à trembler, les immeubles à s’effondrer et les eaux à monter. Les habitants, pris de panique ont tenté de se réfugier dans les endroits les plus confinés aux alentours, malheureusement, la grande majorité a péri sous les décombres et les vagues.

Les nombreux témoignages indiquaient que la population japonaise se doutait qu’un événement tel que celui ci finirait par arriver.

Aucunement fataliste, les japonais considéraient cet événement dans leur culture comme le déclenchement d’un renouveau.

La catastrophe naturelle étant inévitable, vivre dans la peur et dans l’appréhension n’a jamais convenu au peuple nippon.

À la carpe diem- “vis ta vie au jour le jour” -, profitant de chaque instant, gardant dans un coin de leur tête que, oui, cet instant pourrait-être le dernier.

Une mentalité qui permet aux victimes de partir en paix, non sans chagrin, certes, mais sereinement.

D’ailleurs, en prévision du désastre, la natalité de la région nippone n’avait jamais été aussi basse. La population vieillissante ne souhaitant pas procréer alors que leur avenir s’en retrouverait incertain.

Le Big One, plus grande catastrophe jamais enregistrée, n’a laissé derrière lui que 3% du territoire japonais.

Les îles restantes ont été interdites à l’humain, le risque étant jugé trop élevé. Ces dix dernières années, la nature a repris ses droits, la faune et la flore s’est développée, s’adaptant aux nouvelles conditions de vie.

Cependant, les scientifiques sont formels depuis le début : les chances de survies de ces îles sont de l’ordre de 1%.

C’est avec nostalgie et chagrin que nous vous annonçons aujourd’hui, l’extinction complète de cet archipel.

Avec ces terres, c’est une culture, une richesse, le souvenir d’un peuple qui s’éteint.